24.10.2006
Tu sais ?
Aujourd'hui tu m'as rappelée.
Ca faisait longtemps, hein? Combien 3 ans? Tu n'as jamais supporté que je sois heureuse, ailleurs, avec d'autres.
C'est toujours pareil, ca me fait toujours mal. Comme un coup de canif au contrat, tu disais en riant, les soirs de larmes, dans l'obscurité de ta chambre. C'est pas grave, va, personne le saura.
Tu disais que tu savais mieux que moi qui j'étais, ce que je voulais. Et moi, comme je voulais pas vraiment savoir, je te croyais. Je te suivais. Tu crois que je t'aimais? Non. Je ne t'aimais pas, mais tu m'étais nécessaire. Tu me faisais tenir debout. Comme le tuteur d'un arbre. Mais si on le laisse trop longtemps, il étouffe les racines.
Après, je me souviens, je ne tenais plus debout. J'étais trop faible. je croyais te voir, et j'avais l'impression que mon coeur descendait très vite, trop bas. Je me souviens aussi, après, je pleurais. Tout le temps, jusqu'à en avoir mal.
J'avais peur que mon coeur lache, parce que tu avais trop tiré dessus.
J'ai tout changé, mon numéro de téléphone, mon adresse, j'aurais changé mon aspect si j'avais pu.
Tu me retrouvais toujours, et toujours j'étais fascinée et horrifiée. Comme un animal ébloui. Je ne pouvais pas bouger, mais tous mes muscles étaient tendus.
Après j'ai cru que peut être tu n'existait pas vraiment. Tu ne prenais consistance qu'en modelant d'autres.
Après j'ai pensé aux autres. Mais je n'avais pas le courage. Je voulais juste penser à moi.
Aujourd'hui tu m'as rappelée. Tu as mis longtemps cette fois ci.
Mais aujourdh'ui je n'ai pas répondu.
AUjourd'hui, tu n'existe plus. Tu n'as jamais su si j'aimais le thé ou le café. Tu n'as jamais su ma couleur préférée. Je n'aimais pas la politique, j'ai détesté notre premier film. J'avais peur, là bas dans ton châteu de famille.
Tu n'as jamais su.
Mais j'ai quand même pleuré un peu. Et je n'ai pas eu mal.
18:50 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
15.06.2006
Retour vers le Futur
J'ai croisé 2 ex en une seule soirée hier.
A l'arrêt du 95 à Opéra, j'ai croisé A. A est avocat, il a 31 ans. Il est complètement barje. Il vit avec ses frères dans un immense appart dans le Marais, avec un portait de Pétain, un tableau de la Madone, il écoute de la musique baroque, boit du champagne millésimé et écrit des pièces de théâtre (dont une qui se joue depuis près d'un an).
On a plus ou moins fricoté ensemble (j'adooore cette expression), il y a 3 ans. Je ne me souviens plus comment nous nous sommes rencontrés. Je me souviens juste que A avait un maîtresse, une minette de 18 ans à peine, jolie, blonde et soumise.
A était l'incarnation du dandy, odieux, suffisant, vraiment barré dans sa tête mais fascinant. Je ne sais pas pourquoi, il m'attirait et me dégoutait à la fois.
On a enchaîné un certain nombres de soirées, dans des bars sélects, des restaurants, des duplex, on a écouté du piano, joué aux échecs..
On s'est embrassé 2 fois et puis nos chemins se sont séparés. Je voulais juste l'avoir. Mais en aucun cas chercher à retenir ce genre de mec. beaucoup trop barje pour moi. Dans son appart il avait une grande pièce vide, avec juste une baignoire au milieu. Tous les matins, avant d'aller au Tribunal, il prenait un bain d'une demie heure, avec des bougies allumées partout, en écoutant des airs d'opéra et en buvant du porto. Barje je vous dis...
Rue Marcadet, j'ai croisé l'Infâme F. Là ça m'a fait moins rigolé. L'infâme F, j'en parle ici et ici . Ce mec m'a brisé le coeur et j'ai mis plus d'un an à m'en remettre. Il a beaucoup grossi. Bosse toujours au même endroit. A quitté toutes les filles avec qui il est sorti depuis.
On a échangé trois mots, assez pour me dire que décidemment, je suis mieux sans lui.
F: "t'es vachement mieux qu'avant, pourquoi t'étais pas mignonne comme ça avant?"
Moi: "c'est l'Amour qui me rend belle, tu dois pas connaître ça."
Connard va. Bref, ensuite j'ai fait un allo sushi devant Respiro, parce que j'avais définitivement le flemme de sortir.
Y'a des jours ou c'est bien de se dire que le passé c'est le passé, et qu'on est quand même mieux dans le présent !!
10:50 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
25.05.2006
L'épisode Ricard
Bien avant que je ne rencontre le docteur G et que je ne devienne une adepte de la monogamie fidèle, j'ai connu une période très Sex and the City, après ma rupture avec l'infâme F (cf notes précédentes).
A cette époque, je travaillais comme barmaid dans un pub du XV ème arrondissement. C'était une période très étrange, dont je garde un excellent souvenir. Un peu comme un parenthèse dans ma vie.. Je travaillais de 17h à 2h du matin. Je connaissais tout le monde, les clients les serveurs... J'étais devenue une petite reine dans les 80 m2 du bar. Je faisais des coktails, je sortais jusqu'à 5h du mat tous les soirs, je vivais dans un monde de musique, de drague facile et de mojitos. C'était dur, physiquement, on travaillait beaucoup, il fallait être très rapide. Mais c'était un petit monde clos, ou il suffisait d'être la seule nana derrière le bar pour se sentir VIP.
A cette joyeuse époque, j'ai rencontré A., VRP chez Ricard. A était beau, le genre play boy des bacs à sable. Blonds, un granbd sourire, la gouaille facile et la Ford Focus de fonction blanche. A. sortait sans arrêt, pour promouvoir le Ricard en bouteille. Il venait me chercher à la fin de mon service, à 2h, et nous écumions les boîtes de nuit, les bars gay de Chatelet (jamais vu autant de beaux mecs que là bas d'ailleurs), les restaurants ouverts 24h/24.
Je n'étais pas amoureuse de A, pas plus que lui ne l'était de moi. Il y avait une attirance physique très forte entre nous, mais nous n'avions rien en commun. Rien, sinon l'envie de vivre à fonds, pour oublier des ruptures difficiles, sinon l'envie de croire que la vraie vie, c'était sortir tous les soirs, devenir super amis avec des gens dont nous ne savions rien, et dont nous ne connaissions que la vie de nuit.
Avec A, c'était du grand n'importe quoi. Un soir, à 2h du matin, A vient me chercher à la sortie de mon boulot. Nous partons dans divers pubs, pour atterir, à 7h du matin, dans un bar glauque du IXème, le Tube. Le Tube, c'est une espèce de grand couloir, hyper éclairé aux néons, derrière Pigalle. Nous sommes 4, A, ses deux meilleurs potes d'enfance et moi. Dans le bar, 3 ou 4 poivrots qui trainent. Un disque de Brassens tourne en fond sonore. Il est 8h. Je me demande ce que nous faisons là. A m'offre des roses, qu'un vendeur ambulant proposait. A est complètement bourré. Ses amis pensent que nous sommes ensemble. Moi je me demande ce que je fais là. Je suis fatiguée. Nous finissons par rentrer chez A, à Antony. les clefs sont introuvables. On casse un carreau de la vitre de la cuisine pour rentrer. On boit du champagne. Il est 9h. A et moi allons nous coucher. Je me réveille vers midi, pour découvrir que A a tagué dans on dos un immense "j'aime le Tube" au stabilo et une flèche sur son bas ventre, qui indique sans équivoque l'endroit ou se cache la virilité, chez les VRP de chez Ricard.
A a un caniche, Max, qu'il adore. A est un gentil, il ne sait pas lui même ou il va. Il dort encore. Je me lève, je prends une douche.
Devant ses amis, on rigole encore un peu. A 14h, A me raccompagne au RER. Sur le quai, on se regarde. Je lui dis que j'ai beaucoup d'affection pour lui. Il me dit que lui aussi. Il me dit que nous n'avons rien en commun. Je lui dis que je le sais. Qu'on a voulu croire que jouer au fucked friend était possible. Mais qu'on risque de s'attacher ou de se hair. est d'accord.
A et moi sommes restés amis. Il est un bon souvenir. Une image aussi de fête et de vie la nuit, d'éternelle fuite en avant. Une vie qui n'est pas la mienne. A est quelqu'un de bien.
15:35 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
26.04.2006
Tourner une page
13:40 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
18.04.2006
Une histoire banale part 2.
On avait passé des vacances de rêve. Une famille unie, du soleil, la Bretagne.
Notre amour, qui me semblait plus fort que tout. Quelques allusions sur un avenir commun... Et puis j'ai du partir. 8 mois de marketing industriel dans un bled de 600 habitants en Suisse française.
Je me souviens de mes larmes sur le quai. Je me souviens du regard stupéfait du contrôleur sur cette petite qui sanglota pendant 5 heures, sur tout le trajet Paris Belfort. Je me souviens du réveil fulgurant de ma haine de l'Est. De ma sensation du froid. De la panique à Belfort. Des trois quart d'heures de taxi jusqu'à P. cette ville industrielle endormie, et ce studio minuscule.
Le premier mois, j'arrive à faire semblant. Nos discussions téléphoniques avec F sont de plus en plus tendues. Nous n'avons jamais été séparés plus de 4 jours. Il est resté à Paris, il vit cette vie que je menais avec lui. ET moi je suis là, dans le froid, à faire un boulot qui m'ennuie, dans une boite ou tout le monde part à 5h. Je m'inscris à des cours de step, je fais des uv, je suis assiduement la Star Ac. Au bout d'un mois je rentre enfin à Paris. 6h de train. Un week end tendu. Nous n'arrivons pas à nous retrouver. F est géné, mal à l'aise. Moi complètement déprimée. Il me plaque à la fin du week end.
Je ne me souviens pas comment j'ai pu tenir le coup la semaine d'après. Je me souviens de crises de larme. Pour moi, le monde entier s'était effondré. J'étais sonnée, abrutie. Un vrai zombie. Tout le monde m'appelle pour me dire qu'il va revenir. Je suis très entourée. Je commence le Prozac. Je me remets à fumer.
15 jours après je retourne à Paris. Je cherche une amie sur le quai. C'est lui qui est là, les yeux rouges et un bouquet de roses à la main. Je suis paralysée. J'ai envie de fuir. Mais je l'aime encore bien sûr. Je craque bien sûr.
Commence un mois de rêve. Je suis loin, je m'ennuie, je suis dépressive mais nous nous aimons à nouveau. Je passe mes journées sur MSN. Nous nous voyons tous les 15 jours. Quelques moments de bonheur. Peu avant Noêl, il devient plus froid. Je panique. La distance se creuse. Chaque coup de téléphone est l'occasion d'engueulades. Je sombre et je le sais. Mais je n'imagine pas vivre sans lui. Je suis terriblement malheureuse. Nous fêtons le Nouvel An ensemble. Un souvenir terrible. Ses soeurs heureusement sont là. Sur les photos j'ai un rictus, plutôt qu'un sourire. J'ai les yeux d'une traquée. Même au lit il est deveni froid. Il n'y a plus d'amour. Nous rentrons à Paris. Deuxième rupture. Je pleure toute la nuit. Je ne veux plus jamais le revoir.
Je retourne en Suisse. Nous sommes en janvier.
Je commence à aller mieux. Je l'aime toujours évidemment et parfois, mon coeur se serre si fort que j'ai l'impression que je vais tomber. Mais je vais mieux. J'essaie de sauver ce qui reste de mon stage. Je sors un peu. Je sympathise avec des suisses. Il essaie plusieurs fois de reprendre contact. J'ai trop peur de lui. Je ne réponds jamais.
Je rentre à PAris pour le 14 février. J'ai rendez vous dans un bar avec des amis. Je ne sais pas somment il l'a su. Il est là quand j'arrive. Je ne l'ai pas vu depuis plus d'un mois. Il m'a déjà détruite 2 fois. Mais il me fait toujours un effet dingue. Je reste glaciale. Je ne sais pas quoi faire. Mais c'est l'homme avec qui j'ai passé les meilleurs moments de toute ma vie. Je revois nos complicités. J'entends encore son " quand tu reviendras de Suisse, une bague... Rien ne peut nous séparer mon amour".
Mais je revois aussi toutes ces larmes. Je revois cette souffrance. Je revois ces heures à marcher sans but en écoutant "the show must go on".
Je ne sais plus quoi faire. Nous sommes mi février. Je reviens de Suisse dans deux mois. J'ai envie d'y croire mais je suis terrorisée.
12:14 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
14.04.2006
Une histoire banale
Hier, je suis rentrée lessivée chez moi, à 22h. Mes paupières me brulaient because pc. J'ai eu une amie d'enfance au téléphone. Et je ne sais plus pourquoi, elle m'a parlé de mon arrivée à Paris, de mon histoire avec l'infâme F et de tout le souci qu'elle s'était fait. Peut être parce qu'elle voulait me le dire depuis longtemps. Peut êtreparce que maintenant elle n'a plus peur pour moi.
Je suis née en Champagne. Dans une petite ville ou tout le monde se connaissait. J'étouffais, on dinaît tous les soirs à 18h30, je n'avais pas le droit de porter des jeans, quoi que je fasse, tout le monde le savait. En fin de 2ème, j'ai roulé une pelle à Julien dans le Photomaton du Prisunic. Le temps que j'arrive chez moi (environ 15 minutes à pieds), ma mère le savait et m'accueillait avec des sermons sur le fait que je devais me réserver pour the One.
J'adorais mon père et mes frères mais tout me semblait petit, mesquin, froid, étriqué. J'avais la sensation d'être opressée. Je révais d'autre chose. A 17 ans, je suis partie à Paris. 3 ans de galère m'attendaient. Des apparts minuscules, des mois ou je me nourrissais des sucrettes du lycée, les cartes bleues refusées au distributeur, et en même temps, 3 ans de n'importe quoi. Je voulais que tout aille vite. Que tout soit démeusuré. J'avais l'impression qu'on m'avait sortie d'un cachot. Le monde était rempli de possibles. Je pouvais tout faire. Ici personne ne me connaissait.
Je sortais sans arrêt. Je m'endormais dans le RER. Je me suis réveillée 2 ou 3 fois aux garages des RER. Je buvais beaucoup. J'avais 7 nouveaux amis à la fin de chaque soirée. Je voulais rêver. Je voulais que ma vie soit plus belle que ce que je pouvais me permettre à l'époque. J'avais la sensation d'avoir 17 ans à rattrapper.
A 19 ans, je rencontre l'infâme F. Je rentre de vacances au ski avec des amis. A l'époque, je suis dans une école dite "prestigieuse". Je n'ai pas trop de problème en cours. Je continue à courir après l'argent. Les petits boulots les plus insolites sont mon quotidien. Je bois beaucoup, je fume beaucoup, je sors beaucoup. Je rencontre l'infâme F au cours d'un entretien de recrutement dans une junior entreprise.
Il est désinvolte, plus agé que moi. Il se moque de tout. Surtout il est très amoureux de moi. Il sort sans arrêt. Il a un groupe d'amis soudé, une famille avec 5 soeurs. Ils sont à l'aise. Vont sans arrêt au resto. Je suis fascinée par cette liberté, fascinée par notre train de vie. Très vite, j'emménage chez F. On part à Madrid un soir à 23h, sur un coup de tête, il m'emmène à l'Opéra pour mes 20 ans. Rien n'est trop beau.
Je ne réalise pas que nous vivons très bien, trop bien, sur de l'argent que nous ne gagnons ni lui ni moi. Je ne réalise pas que tout ça n'est pas vrai. Je ne réalise pas qu'on boit trop, tous les deux. Qu'on est bourré tous les vendredi et tous les samedi soirs. Je ne réalise pas l'aspect passionnel, les scènes dans la rue, les retrouvailles passionnées. Tout mon corps vibre. J'ai l'impression de vivre enfin. Je me consume toute entière. Je ne vis que pour lui. Je ne vois plus mes amis, qu'il n'aime pas. Je sors sans arrêt avec les siens. Je vois ses parents plus que les miens.
Je suis accro à certains resto. Moi qui n'aime pas le sport, je suis accro à la 3ème mi temps parce qu'il fait du rugby.
Mais je continue mes études. Et après 7 mois, je dois partir en Suisse....
To be continued
16:32 Publié dans Le passé, c'est le passé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


