13.06.2006

Et surtout kiffez bien la vibe !!

Ma mère, c'est tout un poême. Je l'ai detestée, mais je l'ai toujours aimée.

Ma mère est belle. Je veux dire par là, vraiment belle, pas juste parce que c'est ma mère.

Elle a rencontré mon père à 19 ans, a décidé que ce serait son mari, l'a épousé et a eu 4 enfants. Dont moi, évidemment.

Ma mère s'habille entièrement en Cyrillus, éventuellement de temps en temps en Agnes B.

Je lui ai fait découvrir le Comptoir, mais elle trouve ça destructuré, elle aime pas.

Ma mère pense que Paris est une ville extrêmement dangereuse, et que prendre le métro passé 20h exige des tonnes de précautions. Genre une ceinture noire de judo, un ou deux bodyguards et une batte de base ball. L'idée que j'habite dans le XVIIIème lui fait passer des nuits blanches. Elle angoisse à mort.

Déjà qu'elle flippe quand mes frangins passent la soirée chez les voisins.. AU fil du temps, à coup d'analyses extrêmement chères, d'engueulades, de larmes, de lettres, elle a fini par comprendre que je n'étais pas comme elle.

Que je voulais voler de mes propres ailes.

S'il n'y avait que ça me direz vous... Mais non.

Ma mère fait une fixette sur ce que les gens pensent d'elle et de sa petite famille. Quand je rentre voir mes parents, elle est en stress sur la façon dont je suis habillée. Au point parfois de m'accueillir avec un air glacial et de lourds reproches sur l'absurdité de la mode parisienne.

Ma mère est super catho. Le jour ou elle a su que j'avais commis l'acte charnel, elle a pleuré et m'a assené: "ne t'étonne pas si aucun mec ne veut plus de toi maintenant. Tu leur a déjà donné tout ce qu'ils veulent."

Nos relations ont longtemps été tendues, passionnelles. Ma mère est dure. Elle n'a ni tact ni psychologie. Quand elle pense un truc, elle le dit, bam, cash comme ça. On peut pas dire qu'elle dissimule, ça c'est sur!

Mais ma mère, c'est aussi cette femme qui, un après midi, alors que nous faisions des courses toutes les deux, croise un groupe de jeunes désoeuvrés, fumant devant le Monoprix.

Un des mecs me lance: "hey, t'as pas une clope?". A l'époque, le paquet ne coutait pas encore 5 €, donc je m'apprête à lui en lacher une. Et voilà ma mère, avec son chemisier brodé, son serre tête et son port de reine, qui lui sort:

"Mon jeune ami, ne fumez pas voyons, c'est très mauvais pour vous!! Regardez ma petite fille, elle fume et elle a un teint grisâtre, et puis elle tousse, mais bon que voulez vous, les parents, hein, on les écoute pas!!"

Je cherche désespéremment un moyen de disparâitre sous terre. Les mecs fixent ma mère, qui leur sourit. Elle se démonte pas, elle est ravie, elle a l'impression d'aider son prochain, trop de la balle.

Finalement, ils marmonnent des "oui, m'dame, z'avez raison m'dame".

Ma mère, aux anges, leur lance, en tentant vaguement d'imiter le signe des surfeurs : "Bonne après midi jeunes gens, et surtout, kiffez bien la vibe".

C'est ma mère. Elle voudrait bien être jeun's, mais bon elle sait bien qu'elle n'a jamais été super cool.

Mais quand elle fait ça, elle est trop mignonne.

Et moi, ben, j'aime bien.... 

29.05.2006

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

J'ai rêvé cette nuit.

C'était vraiment un rêve très bizarre.

J'étais dans la maison ou nous avons habité de mes O ans à mes 7 ans, avec mes deux frères (le troisième n'était pas encore né). Bref quand mon rêve commence, je suis dans la cuisine. J'ai des couettes et une robe à smocks, rien que ça c'est flippant, parce qu'à l'intérieur, c'est mon corps de Soph de 24 ans. Il fait super sombre. D'un seul coup, mon deuxième frère débarque dans la cuisine en pleurant:

" Faut se planquer, les parents ont été attaqués!!"

Attaqués, soit. Dans la suite de mon rêve, je comprends je ne sais pas comment qu'en fait c'est une sorte de truc extraterrestre qui a pris possession du corps de mes parents et que maintenant, ils ont des têtes grosses comme des balles de tennis. Si ils nous chopent, on deviendra comme eux. Et ils ont des airs très méchants sur leurs toutes petites têtes en forme de balle de tennis.

Je me suis réveillée en sursaut au moment ou mes parents- balles de tennis ouvraient la porte de la penderie, ou je m'étais judiceusement cachée (alors que dans tous les films d'horreur que je vois, je dis toujours à l'héroine qu'elle est vraiment trop conne de se cacher dans la penderie, parce que c'est toujours là, ou sous le lit, que le méchant va voir en premier).

J'avais le coeur qui battait à fonds, j'ai avalé trois litres d'eau et allumé une clope d'une main tremblante (ne pas oublier: arrêter de fumer).

Franchement, les we de 4 jours en famille, plus les 15 jours d'éloignement du docteur G ne me réussissent absolument pas.  J'ai fini par lire Cosmo en me répétant, tel un mantra "tu n'as pas peur, tu n'as pas peur".

Je me suis réveillée crevée.