05.10.2006
En vrac
Quand j'étais petite, un an me parraissait une éternité.
Une semaine aussi d'ailleurs. Avant Noël, j'avais même l'impression que le temps reculait. Les jours devenaient de plus en plus longs, avant le jour J.
Aujourd'hui, le temps m'a rattrapée, et je crois qu'il est en train de me dépasser (faut dire aussi, j'ai jamais courru très vite, j'avais des scores minables au 100m, au lycée).
Je me réveille lundi matin, et quand je reprends mes esprits, on est déjà jeudi soir.
Du coup forcément, j'ai moins de temps pour rêver, pour réfléchir à ma vie, mes amours, mes emmerdes, pour faire tourner le monde autour de mon nombril (petite rotation, mais si elle avait été plus grande, la face du Monde en eut été changée!)
Je cours, toute la journée. Ma vie nocturne devient délirante (euh, par vie nocturne, j'entends mes rêves, hein...)
Mes rêves sont de plus en plus compliqués, abracadabrants. Tout s'y mêle, le docteur G, les collègues, mes ex, les copines, des souvenirs anciens, des extraits de films, des fantasmes et des terreurs. Et le pire c'est que ça me réveille. Et que je m'en souviens, quand je bois mon premier café. Et je me dis que mon cerveau est en surchauffe, il évacue de plus en plus vite, de plus en plus mal.
Et pourtant, des rêves, des vrais, j'en ai. Des projets aussi, des tas. Des envies, de plus en plus. Après tout, c'est une bonne maladie. Si je m'efforce de courir, de tenir, pour réussir à faire tout ce que je dois faire dans la journée, mon cerveau, lui, se fait plaisir. Il imagine un monde meilleur.
C'est une bonne maladie... En vrac, voilà tout ce qui me traverse la tête:
* Je voudrais trouver une paire d'escarpins noirs vernis jolis, mais stables, pas trop chers mais bonnes finitions (impossible n'est pas parisien)
* Il manque une robe pull gris clair ou bleu foncée à ma garde robe, avec une petite ceinture
* Il manque aussi des ballerines argentées, un pull col V parme, un pull col rond noir, une veste courte manche 3/4, des mitaines et un sac oversize.
* Le docteur G et moi, on envisage de prévoir 2 mois en Amérique du Sud, sac à dos, le Guide du Routard à la main, d'ici un an.
* Je passe mon Permis mi novembre. Et euh, j'aimerais bien l'avoir...
* Je cherche des cours de sport à des horaires tardifs le mardi et/ou le jeudi (idéalement, modern jazz ou Pilates)
* J'ai découvert un ou deux petits restau, mmmm dès que j'ai un peu plus de fric, on les teste!!
* J'ai envie de grand air
* j'ai envie de changer la déco de mon appart....
C'est plutôt une bonne maladie non?
Bon j'y vais doucement, aujourd'hui je me suis contentée de racheter du vernis, et de tester le nouvela anti cerne anti fatigue pour les petits matins difficiles de Bourgeois.
Allez, à la revoyure les petiots
16:24 Publié dans Cogito ergo sum | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
27.09.2006
The only kind of real fantasy
J'aime bien mettre des titres qui n'ont rien à voir avec la choucroute. J'ai l'impression que ça fait accocheur, que voulez vous , on m'a toujours répété que la première impression était la bonne, qu'il ne fallait pas se louper, il faut séduire at first sight, c'est comme ça.
Moi, avant, je n'étais pas armée pour ça. J'avais deux terribles défauts: j'étais timide et gentille.
Je partais du principe que l'homme est foncièrement bon et que c'est la société qui le pervertissait. Je sais , on a les références qu'on peut.
Et surtout je remerciais perpétuellement tout le monde de s'intéresser à ma petite personne. J'étais transportée de joie par un ordre de mettre la table, " et tiens toi droite s'il te plait, et ne mets pas tes coudes sur la table" étaient à mes oreilles une douce mélodie.
Bon, en résumé, j'étais une carpette, souriante qui plus est, limite la carpette qui te remercie quand tu essuies tes pieds dégueulasses dessus. J'étais tellement pénétrée de la bonté des gens qui m'entouraient, que je trouvais ça complètement normal.
Bon évidemment, aujoud'hui, je ne regarde plus mon paillasson de la même manière. Oui parce que être carpette est un destin cruel.
Là, je vous vois, vous baillez d'ennui, et vous vous demandez pourquoi je vous raconte tout ça, parce que vous trouvez que c'est super chiant. Je m'explique.
NON JE NE SUIS PAS DEPRIMEE!!
Je sais que mes dernières notes, sporadiques, étaient geignardes et faiblardes. Bon j'avoue, tous les ans, à la même période, j'ai ma crise existentielle saisonnière.
L'été est fini, les journées racourcissent, j'ai oublié mon parapluie dans la salle d'attente de mon dentiste, sans lumière mon appart parait plus petit, j'ai perdu tout mon bronzage et en plus les kilos de Chantilly ingurgités cet été se sont sournoisement logés sur mes hanches. Mais à part ça, ça va...
Bon je ne vais pas vous mentir, bosser c'est dur. EN même temps vous le savez déjà, mais il parrait que d'ici 4 ans, on aura l'effet papy boom à l'envers et que le plafonds de verre va exploser... En même temps, c'est joli un plafonds de verre, c'est un peu dommage.
(je vous passe les joyeuses après midi avec Madame Moulinoux, conseillère de mon agence Société Générale, qui confond jeunes actifs avec jeunes rentiers soumis à l'ISF).
Mais dans le fond, rassurez vous, je vais bien.
De toutes façons, si je me plains, je sais très bien lesquels d'entre vous vont me jeter des petits cailloux pointus, et j'ai oublié mon casque de scaphandre chez moi ce matin, j'étais pas réveillée.
EN plus, y'a le docteur G, qui devait m'attendre amoureusement en bas de mon boulot, qui me plante pour aller visiter un appart.
Je cite (via texto):
Docteur G: "je vais visiter un appart à XX à 18h30"
Moi: " Traître! Même pas mal, j'aurais le temps de m'épiler".
Elle est pas belle la vie?
Sur ce, je vais avaler ma cuillèrée de sirop pour la toux et mettre des gouttes dans mon nez, à votre santé.
Pardonnez moi pour le côté décousu de cette note, y'a le téléphone qui arrête pas de sonner, ça me déconcentre.
May the force be with you.
15:15 Publié dans Cogito ergo sum | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
14.09.2006
Une fascinante plongée dans l'univers des fêmmes...
Nous les femmes,nous le charme, on a droit une fois par an à un joyeux rendez vous que les hommes ne connaissent pas.
La féminité, cette petite chose si complexe, est ténue, indéfinissable et surtout physiologiquement monstrueusement casse-couille (si vous me permettez ce petit écart de language assez peu adapté à la situation, j'en conviens).
Donc, comme tout ce qui est compliqué, la féminité doit être surveillée comme la prunelle des yeux de Pierce Brosnan (ah, Pierce, le fantasme de mes 15 ans).
J'ai nommé donc, le grand manitou de la feminité physiologique, l'expert es mécanisme féminin, le dieu de la fécondité.... le......GYNECO!
Le gynéco est grand, puisssant, le gynéco voit tout, le gynéco sait tout, le gynéco est omniscient. Accessoirement, il est aussi cher et chiant, parfois moralisateur, et on a généralement autant envie d'aller lui rendre visite que de s'enterrer vivant à proximité d'un nid de fourmis rouges. Cette métaphore ne s'adresse évidemment pas aux masochistes adeptes de la piqure en grand nombre par des fourmis rouges.
Anyway, comme j'ai conscience de la toute puissance de ce qui est caché derrière le point G, je sacrifie tous les ans à la grand messe du gynéco (de toutes façons, je n'ai pas le choix, au bout d'un moment, à force de recycler mes vieilles ordonnances de pillule, les pharmaciennes me soupconnent fortement de faire du destockage de médicament sur Internet, elles observent mon ordonnance, pliée, chiffonnée, tamponnée de partout, me jettent un regard en dessous, m'endorment en disant mielleusement qu'elles vont voir et tracent dans l'officine chercher le big boss pharmacien, généralement, je m'enfuis dès qu'ils reviennent, en arrachant l'ordonnance au passage).
Bref, y'a un moment ou, pour sauver ma vie sexuelle, je dois y aller.
Le docteur G devient blême quand je prononce ces mots fatidiques: "je vais chez le gynéco". Bon pourtant, pendant ses études, il a découpé des corps, donc ça ne devrait pas l'effrayer. Pensez vous ma bonne dame, l'évocation d'un tour chez le gynéco terrorise la plupart des hommes que je connais. Je ne sais pas trop ce qu'ils s'imaginent, mais leurs yeux fuient ton regard si tu as le malheur de prononcer le mot gynéco. Très pratique au boulot, ou avec un prof. Exemple:
" Boss, puis je m'absenter à 15h30 aujourd'hui?"
Méfiance dudit Boss. Je sens qu'il évalue la probabilité que j'aille picoler des coups au café au lieu d'améliorer la rentabilité de l'entreprise
"Euh oui pourquoi?"
Rougissement de moi même, air géné.
"J'ai rendez vous chez mon gynéco".
Immédiatement, le visage de l'interlocuteur masculin se transforme. Visage cireux, bégaiement, acquiescement compulsif...
Donc formidable.
Généralement, le gynéci a une assistante pas très aimable. Elle a souvent de faux ongles french manucurés qui crissent sur son clavier.
La salle d'attente est souvent dans les tons blancs ou bleus, avec des tas de photos d'enfants qui rigolent et de femmes aux visages graves écrasant leur dernière cigarette dans le cendrier pendant qu'un foetus stylisé applaudit dans leur utérus. Joie. Je culpabilise déjà.
Je feuillette un Marie Claire d'octobre 2004, quand les pantalons rentrés dans les bottes étaient méga avant gardistes et que Brad Pitt était encore avec Jenifer Aniston.
Le gynéco te fait toujours attendre au moins un quart d'heure. C'est une question de standing. Ca montre qu'il est important et que c'est un bon médecin, que toutes les femmes de Paris se précipitent chez lui. D'ailleurs s'il ne te faisait pas attendre, tu n'irais pas le voir, en bonne fille compliquée, car tu te dirais qu'il n'a pas de patients, et que ca n'est pas bon signe.
Je dis il parce que je préfère un gynéco homme qu'un gynéco femme. De toutes façons lui, il voit défiler des femmes toutes la journée, et de l'angle ou il les voit, ça ne doit pas le faire rêver. Et moi franchement, un mec qui met des gants et me pèse avant de s'approcher de moi me refroidit quoi qu'il arrive en dessous de la température de la banquise...
Généralement, ce qui suit est extrêmement désagréable. Une fois passées les questions d'usage, tu te retrouves à poil dans une position plus qu'inconfortable, avec une sorte de tire bouchon métallique entre les jambes.
Bref, voilà mes pensées du jour.
ET quand les mecs croient que toutes les nanas ont un jour révé d'avoir un pénis, c'est pas complètement faux, au moins, un pénis, tu ne peux pas lui enfoncer un tire bouchon métallique dedans...
17:45 Publié dans Cogito ergo sum | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
08.09.2006
La dictature du "Nous"
A force de passer mes soirées non loin d'un thermos de tisane, une boîte de Doliprane 1000 sur mon chevet et des paquets de kleenex planqués sous mon lit (oui la bronchite rend ma vie follement trépidante et sexy), j'ai du temps pour cogiter.
Les derniers évènements de ma vie sociale me font réfléchir au couple.
Ah le couple, il en fait couler de l'encre! Entre ceux qui le refusent à tout prix, ceux qui cherchent, ceux qui sont maqués et malheureux, ceux pour qui le couple est toute la vie.
Finalement personne n'en a vraiment la même définition. Personne ne met vraiment la même chose derrière.
Vaste sujet.
En ce qui me concerne, je crois à l'amour qui dure toujours. Peut être parce que j'ai trop vu de films à l'eau de rose, peut être parce que j'ai la flemme de recommencer les débuts avec des tas de personnes différentes. La flemme d'apprendre à comprendre le language de l'autre, de savoir ce qu'il aime, ce qu'il déteste, de découvrir son monde, ses amis, sa famille.
Peut être aussi parce que je sais qu'il est long très long de développer cette complicité, ce décodage instantané d'un rictus, d'un soupir, d'un sourire.
Je n'ai pas peur de m'ennuyer. Non pas du tout. Il faut bien plus qu'une vie pour faire le tour de quelqu'un. Même de celui dont on partage la vie au quotidien.
En revanche, je suis allergique à la dictature du Nous.
Mes copines, une fois mariées, maquées, casées, ont une facheuse tendance à oublier tout ce qui fait qu'elles étaient elles avant. Tout ce qui fait que l'autre est tombé amoureux. Elles s'adaptent, se modifient, se fondent dans un idéal qui ne leur ressemble pas, ce qu'elles refusent de s'avouer. Bien sur je fais pareil. Bien sur aussi, j'ai appris à ne plus le faire.
Je suis moi. J'aime des choses que le docteur G déteste. J'ai quelques amis qu'il n'aime pas trop. Je n'aime pas tout ce qu'il dit, je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il pense.
C'est ça un couple. 1+1=2, pitié! Pas 1+1=1!!
J'ai une copine, qui, le lendemain de son retour de voyages de noces nous a invité. Sur son frigo, une liste des amis "en couple", et une autre des amis célibataires. "On ne peut pas les inviter en même temps, on n'a pas les mêmes sujets de conversation". Ambiance....
J'ai une copine qui, si son mec ne fait rien un soir décommande tous ses plans pour ne pas le laisser seul. Lui en revanche, prévoit de longues dates des trucs avec ses amis. Elle, seulement si son mec n'est pas dispo. Ambiance!
J'ai une copine qui, pour son mariage, m'invite au dîner. Mais sans le docteur G. Parce qu'on n'est pas encore officiellement fiancés. Ambiance.
J'ai une mère qui, lors d'un déjeuner de famille, m'explique que si le docteur G et moi vivons ensemble avant nos fiancailles, elle sera horriblement déçue, car alors le mariage ne serait qu'une régularisation. Ambiance.
Pourquoi parfois est ce si compliqué d'être juste 2? D'être juste deux personnes différentes, avec une vie, un passé, des envies d'avenir. Deux personnes qui restent deux individualités?
Pourquoi faudrait il toujours se conformer à un modèle écrasant comme un rouleau compresseur. Vous êtes en couple? Mariez vous et ne parler plus que de "Nous".
Quoi, tu veux continuer à dire "Je"? Egoiste!!
T'as rien compris au couple ou quoi?
L'enfer est pavé de bonnes intentions....
A part ça, tout va bien pour le docteur G et moi, on nage dans le bleu. Pour info, j'emmerde ceux qui m'expliquent comment je devrais vivre mon couple.
Je m'affirme, c'est la rentrée....
11:45 Publié dans Cogito ergo sum | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime
23.08.2006
La tentation de la hype attitude
Je sais bien que nous sommes sensés être à l'ère de l'individualisme, mais je trouve que tout le monde se ressemble.
J'ai fais un petit tour dans la blogosphère aujourd'hui. Et je suis aterrée de voir à quel point certains se noient dans un trip artiste torturé, dévasté, riche (c'est mieux en général, tout de suite, on peut travailler son spleen dans des endroits magiques et romantiques).
Attention, je ne porte pas un jugement de valeur, tout simplement parce que je n'ai pas d'opinion sur ce phénomène.
Mais quand même ça m'étonne.
Oui tout le monde se pose des questions, oui il arrive parfois (CSP + ou CSP ++, peu importe, n'en déplaise à certains) que l'on se sente décalé, seul, mal adapté. Il arrive que certaines choses nous dégoutent.
Il arrive qu'on veuille creuser sa différence. C'est humain. C'est compréhensible.
Mais creuser la différence en se réfugiant dans des codes sociaux vieux comme le monde? En copiant quelques icônes trash? Ou est la différence?
Je m'interroge. En toute bonne foi.
Et oui, vous comprendrez peut être (parce que ce n'est pas le type de note que j'écris d'habitude), que j'ai eu le malheur de laisser un commentaire sur un blog, que je ne citerais pas.
L'auteur a réagi avec une agressivité qui m'a déconcertée. Je n'avais pas compris qu'il fallait avoir un discours unique. Non d'ailleurs pas unique, manichéen. Cette personne veut susciter la haine ou l'adoration. Rien entre les deux.
Et si moi, humble lectrice, j'avais juste eu envie de savoir qui se cachait derrière ces clichés? Si je trouvais qu'en enlevant moultes références trop communes, il y avait un vrai style? Si j'avais eu envie de creuser un peu derrière les apparences?
No way. Fin de non recevoir. Pourquoi? Parce que de mon blog, cette personne n'aura retenu qu'une phrase. Une phrase que j'avais lancée pour rire. Un peu d'autodérision.
Et je trouve juste ça dommage.
Les blogs ont leur limite.
16:59 Publié dans Cogito ergo sum | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : journal intime


